Améliorer les conditions de détentions des prisonniers dans les prisons belges

Nous avons des prisons où le coupable est mis hors d’état de nuire pendant sa captivité ; mais qu’y fait-on pour le rendre meilleur, pour le mettre à même de reprendre, à sa sortie, une place honorable dans la société ?

E. Ducpétiaux

De quoi s’agit-il ?

Historiquement, les prisons prennent une place prépondérante dans le dispositif pénal européen à partir du 19ème siècle. La typologie du châtiment infligé par le pouvoir est modifiée, concrétisé par la fin du châtiment corporel. Les idées d’amendement et de réinsertion sont présents dès l’indépendance belge :

  1. E. Ducpétiaux, premier « Inspecteur général des prisons du royaume » affirmait la possibilité d’amendement d’un détenu. La prison devait nécessairement « rendre meilleur » le détenu. Ainsi en 1837, il posait déjà la question : « Nous avons des prisons où le coupable est mis hors d’état de nuire pendant sa captivité ; mais qu’y fait-on pour le rendre meilleur, pour le mettre à même de reprendre, à sa sortie, une place honorable dans la société ? » .
  2. A. Prins, succèda à E. Ducpétiaux en taant qu’inspecteur général des prisons à la fin du 19ème siècle. Il insista sur l’importance de la sociabilité au sein de la prison, notamment à travers le travail professionnalisant.

L’État belge a fait l’objet de plusieurs plaintes et condamnations concernant sa politique carcérale. Elle fut notamment condamnée par la Cour d’Appel de Bruxelles – concernant les conditions d’incarcération lors de la « Grève des détenus » de 2016  et la Cour européenne des droits de l’homme – suite à la mort d’un détenu psychiatrique. Amnesty international évoque des conditions de détention « peu satisfaisantes », en raison de « la surpopulation, de la vétusté des équipements et du manque d’accès aux services de base, notamment aux soins de santé » .

La prison d’aujourd’hui ne vise absolument pas la réinsertion sociale mais bien de venger, de culpabiliser et surtout d’isoler. Il est aussi urgent d’appliquer l’article 1 de la déclaration des Droits humains à nos détenus et leur offrir la dignité.

Retrouvez aussi notre article dans L’Echo du 14 février 2018: « Qui ose rêver de 0% de récidive? »

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